Échec, pourquoi en avons-nous si peur ?

Une personne de mon réseau a affiché sur son profil Linked In cette phrase qui m’a fait sourire : l’Essec et l’échec, deux grandes écoles !

Pour ma part, je suis assez d’accord avec cette affirmation !

Au-delà de la boutade, je pense sincèrement que l’échec reste à ce jour le meilleur moyen d’apprendre. J’ai eu, au début, un peu de mal avec cette idée, mais j’ai fini par changer ma perception.

L’échec, ce n’est pas seulement faire faillite ou être licencié pour faute grave, c’est aussi la multitude de galères que nous rencontrons au quotidien : Quand je n’ose pas poser une question parce que j’ai peur de paraître stupide, quand je n’exprime pas mes doutes sur la viabilité d’un projet qui suscite l’enthousiasme de mon équipe ou quand je ne tente pas une expérience parce que je me dis que c’est perdu d’avance. Toutes ces situations nous mettent en situation d’échec et auraient pu être autant d’occasions  d’apprendre.

Ceci est d’autant plus dommageable que nous vivons ces situations au quotidien aussi bien chez soi qu’au bureau. Pour ma part, je me suis demandée : Comment faire de mon entreprise un lieu où nous valorisons l’échec et, par conséquent, où nous multiplions les opportunités d’apprentissage ?

J’ai trouvé la réponse dans la notion « d’environnement psychologique sécurisant » qui nous vient d’Amy Edmonson, professeure de  Leadership et Management à Harvard Business School :

Créer un environnement psychologique sécurisant au sein d’une entreprise, c’est faire en sorte que vos collaborateurs soient sûrs qu’ils ne seront pas sanctionnés, blâmés ou humiliés pour avoir partagé leurs idées, questions, préoccupation ou erreurs. Autrement dit, selon Amy Edmonson, vous libérez les énergies, la créativité et favorisez les échanges d’idées ! Quoi de mieux pour améliorer la performance !

 Pour ce faire, elle propose 3 petites actions :

  1. Qualifier vos travaux, quels qu’ils soient, d’opportunité d’apprentissage en insistant sur leur caractère incertain
  2. Reconnaitre votre côté faillible en tant que Manager
  3. Poser des questions et encourager la curiosité des membres de l’équipe

Personnellement, je note que mes collaborateurs sont de plus en plus contents et sûrs d’eux à mesure qu’ils se « libèrent ». De plus, j’insiste sur l’interdépendance des membres de l’équipe pour inculquer un esprit de responsabilité.

Accepter l’échec, cela ne veut en aucun cas dire renoncer à l’excellence. Au contraire ! C’est faire en sorte d’être dans la zone d’apprentissage, celle qui prépare le mieux vos équipes aux meilleures performances.

Au-delà de mes équipes, je veille également à créer ce climat d’apprentissage avec les candidats que je place chez mes clients. Pour eux, la zone d’apprentissage peut prendre forme lors de la période d’essai, période durant laquelle l’enjeu de pérennité de l’emploi peut prendre le dessus sur le goût du risque et l’envie d’apprendre. Afin de les accompagner au mieux durant cette phase d’apprentissage, je leur conseille d’aller au bout de leurs idées, car pour un manager, il vaut mieux avoir une équipe dotée de convictions prête à échouer, que des collaborateurs transparents et passifs.

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